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L'artiste
Présentation

La paix régnait.

 

Un jour, à cause d'un projet démesuré, les hommes se disputèrent, les langues éclatèrent, l'incompréhension s'installa.

 

Des années de voyage en différents pays, en différentes langues et cultures me sensibilisèrent à la communication et notamment au Verbe, à ses déboires, ses joies, ses pouvoirs, ses égarements.

 

Je n'ai connu plus grande incompréhension que celle où l'on croit s'entendre, utilisant les mêmes codes mais n'ouvrant pas les mêmes portes.

 

La parole s'avère insuffisante, fastidieuse, évanescente.
M'attacher à un mot, c'est fouiller son image, l'explorer, raconter de son histoire, de son émotion, de son mystère. C'est aussi le malmener, lui faire rendre gorge. Exprimer le mot, l'exposer, c'est d'abord lui rendre grâce. C'est aussi y faire face, l'affronter et l'aimer, le considérer. C'est transformer, interroger ce qui semble sûr, évident, banal, alors que la blessure de la désunion n'est toujours pas cicatrisée.

 

Il n'a jamais été question pour moi de dessiner les lettres autrement qu'à la main. Comment pourrais-je me laisser habiter par le Verbe et ses membres, les lettres, si je ne livrai avec elles un corps à corps délirant, si nous ne respirions pas du même espace, si je les exploitai mécaniquement, sans amoureuse considération.

 

Un avis...

 

« On n'en finira jamais de faire rendre gorge aux mots de leurs sens propre, et figuré et caché. En général, on utilise les autres mots pour y parvenir. Et à force de man½uvres en ordre et en désordre, de marche au canons de la grammaire ou de raids  avec pour seule loi les opportunités de la guerre, on obtient des aperçus sur le grand mystère du langage.

 

Richard Leray a choisi une toute autre approche, sèche et absolue : il ne prend qu'un mot et travaille sa chair de lettres pour lui faire exprimer, dans la fulgurance d'un trait, tout son poids de sens et d'émois. (…) Richard Leray met dans ces mots ses émotions qui touchent et ses idées qui rendent intelligible, (…) œ½uvrant à bras-le-corps chacune des lettres servant son idée. Il n'est ni dessinateur ni peintre, simplement le servant de ces mots qui se font chair par le biais de l'émotion incisive, nette et sèche qui résulte du choc de la vision soudaine. »

 

Gérard ROYER pour « Le Courrier de l'Ouest », le 3 novembre 1989

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